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Tap to Pay : encaisser par carte avec son smartphone, sans terminal

Tap to Pay transforme votre iPhone ou Android en terminal de paiement sans contact. Fonctionnement, tarifs, limites et retours de commerçants.

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Un client veut payer par carte, vous n’avez pas de terminal sous la main… et pourtant votre téléphone suffit. Depuis novembre 2023, Tap to Pay permet en France d’encaisser une carte bancaire sans contact directement sur un iPhone, et des solutions équivalentes existent sur Android. Artisans, coachs, vendeurs sur les marchés, livreurs, micro-entrepreneurs : beaucoup y voient la fin du TPE. Est-ce vraiment le cas ? Comment ça marche, combien ça coûte, et dans quelles situations vaut-il mieux garder un vrai terminal ? On fait le point, avec les retours terrain que nous recevons de commerçants.

Tap to Pay, c’est quoi exactement ?

Tap to Pay (parfois appelé SoftPOS ou Tap to Phone) transforme un smartphone équipé de la puce NFC en terminal de paiement sans contact. Le principe est le même que le paiement sans contact que vous utilisez en tant que client, mais à l’envers : c’est votre téléphone qui « lit » la carte ou le portefeuille mobile (Apple Pay, Google Pay, montre connectée) de votre client.

Concrètement, vous n’achetez aucun matériel. Il vous faut :

  • un smartphone compatible (iPhone XS ou plus récent sous une version récente d’iOS, ou un Android avec NFC) ;
  • l’application d’un prestataire de paiement (SumUp, Square, PayPal POS, Stripe, Revolut Business, votre banque…) ;
  • un compte professionnel ouvert chez ce prestataire, sur lequel les fonds seront versés ;
  • une connexion Internet (4G/5G ou Wi-Fi).

Apple ou Google ne sont que la « brique technique » : ce sont les prestataires qui fixent les tarifs, encaissent l’argent et vous le reversent.

Comment se déroule un encaissement, étape par étape

  1. Vous saisissez le montant (ou sélectionnez les articles) dans l’application de votre prestataire.
  2. Vous lancez le paiement : l’écran affiche le symbole sans contact.
  3. Le client approche sa carte, son téléphone ou sa montre du haut de votre smartphone (iPhone) ou de son dos (la plupart des Android), là où se trouve l’antenne NFC.
  4. Si le montant dépasse le plafond sans contact (50 € par opération en France), le client peut, selon le prestataire, saisir son code PIN directement sur l’écran de votre téléphone.
  5. Le paiement est validé en quelques secondes et vous envoyez le reçu par e-mail, SMS ou QR code.

Un réflexe fréquent chez les commerçants qui débutent : tendre le téléphone écran vers le bas, comme on le ferait avec une carte. Or sur iPhone, il faut présenter le haut du téléphone, écran vers le client, qui voit ainsi l’animation de validation. Après deux ou trois ventes, le geste devient naturel.

Qui le propose en France ?

Lors du lancement en France, le 14 novembre 2023, Apple citait déjà le groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Payplug), Adyen, myPOS, Revolut, SumUp, Viva Wallet et Worldline, avec BNP Paribas, Crédit Coopératif, Market Pay, Stancer et Stripe annoncés ensuite. Square et PayPal POS l’ont également intégré depuis. Sur Android, l’offre est plus éclatée : chaque prestataire développe sa propre solution, avec ses propres exigences de version.

Voici les solutions que l’on retrouve le plus souvent chez les indépendants et petits commerces :

  • SumUp : Tap to Pay sur iPhone et Android (Android 11 minimum), commission de 1,75 % par transaction sans abonnement, ou 0,89 % sur les cartes grand public européennes avec l’abonnement Paiements Plus. Versement le lendemain, week-end compris, sur le Compte Pro SumUp.
  • Square : Tap to Pay sur iPhone et Android (Android 9 minimum), 1,65 % par transaction sans engagement. Pratique si vous voulez commencer sur téléphone et passer plus tard au Square Terminal avec le même logiciel de caisse.
  • PayPal POS : Tap to Pay sur iPhone (XS ou plus récent, iOS 16 minimum), avec paiement par code PIN possible. Intéressant si vous encaissez déjà en ligne via PayPal.
  • Stripe : surtout pertinent si vous avez une application ou un site qui utilise déjà Stripe, Tap to Pay s’intégrant dans votre propre outil.
  • Revolut Business : l’encaissement est directement versé sur votre compte pro Revolut, ce qui évite un compte intermédiaire.

Pour comparer ces offres avec les terminaux physiques, consultez notre comparatif des terminaux de paiement.

Combien ça coûte vraiment ?

L’argument principal de Tap to Pay, c’est zéro matériel. Un lecteur de carte d’entrée de gamme coûte entre 30 et 80 € HT, un terminal autonome avec imprimante plus de 150 €. Avec Tap to Pay, cette dépense disparaît : vous ne payez que la commission sur chaque vente.

Prenons un exemple concret : une sophrologue qui encaisse 40 séances par mois à 60 €, soit 2 400 € de chiffre d’affaires.

  • À 1,75 % sans abonnement : 42 € de commissions par mois.
  • À 1,65 % : 39,60 € par mois.
  • Avec un abonnement à environ 19 € par mois et 0,89 % de commission : 21,36 € + 19 € = 40,36 € par mois. L’abonnement n’est donc rentable qu’à partir d’un volume plus élevé.

Retenez la règle simple : en dessous de 2 500 à 3 000 € encaissés par carte chaque mois, la formule sans abonnement est presque toujours la plus avantageuse. Au-delà, faites le calcul avec vos propres chiffres. Nous détaillons tous les modèles de tarification dans notre article sur le vrai coût d’un terminal de paiement.

Attention aux frais annexes : certaines cartes (American Express, cartes professionnelles, cartes hors Espace économique européen) sont facturées plus cher chez certains prestataires, et un éventuel compte pro payant s’ajoute au coût global.

Ce que les commerçants apprécient (et ce qui les agace)

Au fil des échanges avec nos lecteurs professionnels, les mêmes retours reviennent régulièrement.

Les points forts

  • La mobilité totale : un plombier encaisse son client sur le pas de la porte, une maraîchère sur le marché, un moniteur de ski au pied des pistes. Plus de « je vous envoie un virement ».
  • Le dépannage : de nombreux commerçants équipés d’un TPE classique activent Tap to Pay comme solution de secours, le jour où le terminal tombe en panne ou n’a plus de batterie, ou pour une seconde caisse lors d’un pic d’affluence.
  • Le démarrage instantané : l’inscription et l’activation se font souvent en moins d’une heure, sans attendre la livraison d’un lecteur.
  • Moins d’espèces : moins de monnaie à rendre, moins de trajets à la banque, moins de risque de vol.

Les frustrations

  • Les cartes non sans contact : quelques clients ont encore une carte ancienne ou dont le sans contact est désactivé. Sans lecteur à puce, impossible de les encaisser autrement que par lien de paiement ou QR code.
  • Le plafond de 50 € : selon le prestataire et le téléphone, la saisie du code PIN à l’écran n’est pas toujours disponible. Chez Square sur Android par exemple, une carte bancaire au-delà du plafond sans contact est refusée (les portefeuilles mobiles comme Apple Pay restent acceptés). Vérifiez ce point avant de choisir si vos ventes dépassent souvent 50 €.
  • La batterie et le réseau : un téléphone à 5 % en fin de marché ou une zone sans 4G, et c’est l’encaissement qui saute.
  • Le côté « professionnel » : certains clients hésitent à présenter leur carte sur un téléphone personnel. Un mot d’explication (« c’est un terminal certifié, comme Apple Pay ») suffit en général à rassurer.

Est-ce sécurisé pour vous et pour vos clients ?

Oui, à condition d’utiliser l’application officielle d’un prestataire agréé. Sur iPhone, les transactions sont chiffrées et traitées dans le Secure Element, la même puce sécurisée qu’Apple Pay. Apple indique ne pas stocker les numéros de carte sur ses serveurs, et l’appareil photo ainsi que les captures d’écran sont bloqués pendant la transaction. Le numéro de carte n’est jamais visible par le commerçant.

Côté client, les protections habituelles de la carte bancaire s’appliquent : en cas d’opération non autorisée, il peut la contester auprès de sa banque (voir notre guide sur les paiements frauduleux et le remboursement). D’après l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France, le taux de fraude du paiement sans contact a d’ailleurs atteint en 2023 son plus bas niveau historique.

Quelques bonnes pratiques côté commerçant :

  • verrouillez votre téléphone par code ou biométrie et activez la double authentification sur l’application de paiement ;
  • ne téléchargez l’application que depuis l’App Store ou Google Play, jamais depuis un lien reçu par SMS ;
  • gardez le système à jour : Tap to Pay sur iPhone exige une version récente d’iOS ;
  • en cas de perte du téléphone, déconnectez immédiatement la session depuis l’espace web du prestataire.

Tap to Pay ou terminal de paiement : comment choisir ?

Tap to Pay est idéal si :

  • vous démarrez une activité et voulez tester l’encaissement par carte sans investir ;
  • vous encaissez peu de transactions, souvent en déplacement (prestations à domicile, événements, marchés) ;
  • vos paniers sont majoritairement inférieurs à 50 €, ou votre prestataire gère la saisie du PIN à l’écran ;
  • vous cherchez une solution de secours à votre TPE.

Un terminal physique reste préférable si :

  • vous avez un flux régulier de clients en boutique (le téléphone est vite monopolisé) ;
  • vos paniers sont élevés et vos clients paient souvent par carte à puce avec code ;
  • vous avez besoin d’imprimer des tickets ou d’accepter certains titres-restaurant ;
  • vous voulez séparer clairement votre téléphone personnel de l’outil de caisse.

Beaucoup de professionnels combinent les deux : un terminal comme le Smile&Pay ou le Square Terminal au comptoir, et Tap to Pay pour les livraisons ou les salons.

Bien choisir son compte professionnel pour recevoir les encaissements

Les sommes encaissées sont versées sur un compte, et c’est souvent là que se joue la simplicité au quotidien. Certains prestataires imposent leur propre compte (SumUp verse en priorité sur son Compte Pro), d’autres vous laissent choisir l’IBAN de votre choix. Une néobanque pro comme Qonto ou Shine facilite le rapprochement entre ventes et comptabilité, tandis que Revolut Business intègre directement Tap to Pay dans son application. Pour comparer les offres, rendez-vous sur notre comparatif des comptes bancaires professionnels ou lisez notre guide pour choisir le meilleur compte pro.

En résumé

Tap to Pay a démocratisé l’encaissement par carte : un smartphone récent, une application gratuite et quelques minutes suffisent pour accepter les paiements sans contact, avec une commission comprise entre 1,65 % et 1,75 % chez les acteurs grand public. C’est une excellente solution pour démarrer, pour les métiers mobiles et comme plan B. Vérifiez simplement deux points avant de vous lancer : la compatibilité de votre téléphone et la gestion des paiements de plus de 50 € par votre prestataire.

Sources et références

À propos de l'auteur

Tap to Pay : encaisser par carte avec son smartphone, sans terminal

  • Portrait de Fabien

    Fabien Paupier

    Analyste Business & Voyage

    Fabien est le fondateur de spendways.com. Il créé et fait croitre des entreprises innovantes tout en partageant son expertise en tant que consultant et coach. Fabien est passionné d'entreprenariat, de finance et d'écologie. Il a créé spendways.com dans le but de faire connaitre des solutions moins chères et plus éco-responsables au plus grand nombre.

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