Illustration de l'article : Terminal de paiement : combien coûte vraiment l’encaissement par carte ?

Terminal de paiement : combien coûte vraiment l’encaissement par carte ?

Commission, abonnement, frais fixes, location bancaire : comment calculer ce que coûte vraiment un TPE et choisir la formule adaptée à votre activité.

Logo de Fortuneo

Fortuneo

Jusqu'à 260€ Offerts

Banque en ligne avec cartes haut de gamme gratuites et excellents produits d'épargne.

Profiter de l'offre !

Vous venez de lancer votre activité, vous tenez un stand sur un marché ou vous ouvrez votre boutique : vos clients vous demandent « Je peux payer par carte ? ». Les fournisseurs de terminaux de paiement promettent tous des tarifs « simples » et « transparents », mais entre commission seule, abonnement, frais fixes par transaction et location bancaire, il est difficile de savoir ce que vous paierez vraiment à la fin du mois. Voici comment faire le calcul, chiffres à l’appui.

En résumé :

  1. Le coût d’un terminal de paiement ne se résume pas au prix de l’appareil : c’est la commission prélevée sur chaque paiement qui pèse le plus sur la durée.
  2. En dessous d’environ 2 000 € encaissés par carte chaque mois, une formule sans abonnement (autour de 1,65 % à 1,75 %) est presque toujours la moins chère.
  3. Au-delà, un abonnement mensuel qui réduit la commission devient rentable, à condition de vérifier l’engagement et les minimums d’encaissement.
  4. Les frais fixes par transaction (par exemple 0,10 €) coûtent cher si vos paniers sont petits : un café à 2,50 € peut vous coûter plus de 5 % de frais.
  5. Vous n’êtes pas obligé d’accepter la carte, mais vous pouvez fixer un montant minimum à condition de l’afficher. Facturer un supplément au client qui paie par carte est en revanche interdit.

Ce que vous payez vraiment quand un client paie par carte

Quand un client présente sa carte, plusieurs acteurs se partagent la commission que vous verse votre fournisseur d’encaissement :

  • La commission d’interchange, reversée à la banque du client. Pour les cartes de particuliers émises dans l’Union européenne, elle est plafonnée par le règlement européen 2015/751 à 0,20 % pour les cartes de débit et 0,30 % pour les cartes de crédit.
  • Les frais de réseau (CB, Visa, Mastercard), qui ne sont pas plafonnés.
  • La marge du fournisseur (votre banque ou une fintech comme SumUp, Square ou PayPal), qui couvre le matériel, l’application, le support et la gestion du risque.

Au total, selon une question écrite posée à l’Assemblée nationale en février 2026, les commissions d’encaissement par carte atteignent souvent 1,5 % à plus de 2 % de chaque paiement, bien au-delà des seuls plafonds d’interchange. Dans sa réponse d’avril 2026, le Gouvernement rappelle que ces tarifs sont librement fixés et renvoie les commerçants à la mise en concurrence des offres. C’est donc à vous de comparer.

Bon à savoir : les cartes professionnelles et les cartes émises hors de l’Espace économique européen (un touriste américain, par exemple) échappent aux plafonds d’interchange. Certains fournisseurs les facturent plus cher, d’autres appliquent un taux unique quelle que soit la carte. Si votre clientèle est touristique, ce détail compte.

Les quatre grandes façons de facturer l’encaissement

1. La commission seule, sans abonnement

C’est le modèle popularisé par les fintechs : vous achetez un petit lecteur (ou vous utilisez Tap to Pay, l’encaissement sans contact directement sur votre smartphone, sans matériel) et vous payez uniquement un pourcentage sur chaque vente. Pas de vente, pas de frais.

  • SumUp : 1,75 % par transaction sans abonnement.
  • Square : 1,65 % par paiement en personne avec une carte européenne, Square Terminal à 165 € HT avec imprimante et caisse intégrées.
  • PayPal POS (ex-Zettle) : 1,75 % sur toutes les cartes, American Express comprise, PayPal Terminal 4G à 199 € HT.

C’est la formule idéale pour démarrer, pour une activité saisonnière ou irrégulière, ou pour un artisan qui encaisse quelques paiements par semaine.

2. L’abonnement mensuel avec commission réduite

Vous payez un forfait chaque mois en échange d’un taux plus bas. Chez SumUp, la formule Paiements Plus coûte 19 € par mois et abaisse la commission à 0,89 %. Ce modèle n’est intéressant qu’à partir d’un certain volume, que nous calculons plus bas.

3. La commission plus un montant fixe par transaction

Stripe Terminal facture 1,4 % + 0,10 € par paiement avec une carte européenne. Le pourcentage est plus bas, mais les 0,10 € fixes pèsent lourd sur les petits montants. Ce modèle convient surtout aux commerces qui vendent déjà en ligne avec Stripe et veulent tout regrouper dans un même tableau de bord.

4. Le TPE loué par votre banque

C’est la solution historique : votre banque vous propose un contrat d’acceptation (dit « contrat monétique ») et la location d’un terminal. Selon les indications publiées par Propulse by CA, il faut compter 15 à 40 € par mois de location, parfois des frais de mise en service et de maintenance, et un engagement de 12 à 48 mois. La commission est négociable, ce qui peut être avantageux pour un commerce qui encaisse beaucoup, mais c’est souvent la formule la moins lisible.

Entre les deux, des acteurs comme Flatpay proposent une commission unique de 1,29 % avec terminal fourni, en contrepartie d’un engagement de 36 mois et d’un minimum de 1 300 € encaissés par mois. Smile&Pay, de son côté, se distingue par l’acceptation des titres-restaurant et la prise de caution, utile pour la restauration ou la location de matériel.

Faites le calcul : trois profils de commerçants

Pour comparer, nous avons simulé le coût mensuel des commissions pour trois profils types, à partir des tarifs publics des fournisseurs (hors achat du matériel et hors TVA éventuelle).

  • Profil A, la créatrice sur les marchés : 800 € par mois, 32 paiements de 25 €.
  • Profil B, le salon de coiffure de quartier : 3 000 € par mois, 150 paiements de 20 €.
  • Profil C, la boutique de prêt-à-porter : 8 000 € par mois, 200 paiements de 40 €.
FormuleProfil A (800 €)Profil B (3 000 €)Profil C (8 000 €)
Square (1,65 %)13,20 €49,50 €132,00 €
SumUp sans abonnement (1,75 %)14,00 €52,50 €140,00 €
PayPal POS (1,75 %)14,00 €52,50 €140,00 €
Stripe Terminal (1,4 % + 0,10 €)14,40 €57,00 €132,00 €
SumUp Paiements Plus (19 €/mois + 0,89 %)26,12 €45,70 €90,20 €
Flatpay (1,29 %, minimum 1 300 €/mois)non éligible38,70 €103,20 €

Plusieurs enseignements se dégagent :

  • Pour un petit volume, l’abonnement est contre-productif. La créatrice du profil A paierait presque le double avec un forfait mensuel.
  • Le point d’équilibre d’un abonnement se calcule facilement. Divisez le prix mensuel du forfait par l’écart de commission. Pour SumUp : 19 € ÷ (1,75 % − 0,89 %) ≈ 2 200 € encaissés par mois. En dessous, restez sans abonnement.
  • Le taux le plus bas n’est pas toujours le moins cher. Avec 1,29 %, Flatpay gagne pour le profil B, mais au-delà d’environ 4 750 € par mois, la formule SumUp à 19 € + 0,89 % redevient plus économique, et sans engagement de 36 mois.
  • Les frais fixes pénalisent les petits paniers. Chez Stripe, sur un café à 2,50 €, les frais atteignent 0,135 €, soit 5,4 % du montant. Une boulangerie ou un food truck a tout intérêt à privilégier une commission en pourcentage pur.

Pensez aussi à amortir le matériel : un lecteur de poche à quelques dizaines d’euros ou Tap to Pay gratuit suffit pour démarrer, alors qu’un terminal tout-en-un avec imprimante (165 à 249 € HT selon les modèles) ne se justifie que si vous encaissez à un comptoir toute la journée.

Ce que racontent les commerçants : l’expérience au quotidien

Au-delà du prix, les retours d’expérience des commerçants portent souvent sur les mêmes points. Ce sont eux qui font la différence au bout de quelques mois d’utilisation.

Le délai de versement

Tous les fournisseurs ne vous versent pas votre argent au même rythme. PayPal met les fonds à disposition sur le compte PayPal Business en quelques minutes, Square vire l’argent le jour ouvrable suivant, et chez SumUp la formule sans abonnement prévoit un versement sous quelques jours ouvrés, plus rapide avec l’abonnement. Pour un commerçant qui doit payer ses fournisseurs chaque semaine, ce point de trésorerie compte autant que la commission.

Les fonds retenus et les comptes suspendus

C’est le reproche qui revient le plus souvent dans les avis négatifs, tous fournisseurs confondus : un paiement inhabituel (montant élevé, pic d’activité soudain, carte étrangère) déclenche une vérification et les fonds sont bloqués le temps que vous fournissiez des justificatifs. Pour l’éviter, renseignez précisément votre activité à l’inscription, prévenez le support avant un événement exceptionnel (un salon, une grosse commande) et gardez vos factures à portée de main.

La réception du client

Côté client, l’expérience attendue est simple : payer sans contact, avec sa carte ou son téléphone. Le paiement sans contact par carte est limité à 50 € par opération, au-delà le client doit saisir son code, alors que le paiement mobile (Apple Pay, Google Pay) n’a pas ce plafond. Vérifiez que votre terminal accepte bien les portefeuilles mobiles, qu’il dispose de la 4G si vous travaillez en extérieur, et qu’il peut envoyer un reçu par email ou SMS : beaucoup de clients ne veulent plus de ticket papier.

Les besoins propres à votre métier

Un restaurateur aura besoin d’accepter les titres-restaurant et de gérer les pourboires, un loueur de vélos de prendre une caution, un artisan de faire payer à distance par lien ou QR code. Listez ces besoins avant de comparer les tarifs : le terminal le moins cher ne vous rendra pas service s’il ne gère pas votre cas d’usage.

Les règles à connaître avant d’accepter la carte

  • Accepter la carte n’est pas obligatoire pour un commerçant (sauf exceptions, comme les taxis, tenus d’accepter la carte quel que soit le montant). En revanche, si vous la refusez, vous devez en informer vos clients par un affichage visible, sur la porte ou en caisse.
  • Vous pouvez fixer un montant minimum pour le paiement par carte, une pratique jugée légale par le Gouvernement en raison des frais supportés par les commerçants. Là encore, il doit être clairement affiché.
  • Vous ne pouvez pas facturer de supplément au client qui paie par carte : l’article L112-12 du Code monétaire et financier interdit au bénéficiaire d’appliquer des frais pour l’utilisation d’un instrument de paiement donné.
  • Les espèces restent obligatoires : refuser des pièces ou des billets en euros est puni d’une amende (article R642-3 du Code pénal), sauf cas particuliers comme l’impossibilité de rendre la monnaie.
  • Demandez votre RAFEC si vous avez un contrat avec une banque : depuis 2018, le récapitulatif annuel des frais d’encaissement par carte détaille l’ensemble des frais que vous avez payés. C’est le meilleur document pour renégocier ou comparer.

Notre méthode pour choisir son terminal de paiement en 5 étapes

  1. Estimez votre volume mensuel encaissé par carte et votre panier moyen. Sans historique, partez d’une hypothèse prudente.
  2. Calculez le coût mensuel de deux ou trois formules avec la méthode ci-dessus, en incluant l’abonnement et les frais fixes.
  3. Listez vos besoins métier : mobilité et 4G, imprimante, logiciel de caisse, titres-restaurant, caution, paiement à distance.
  4. Vérifiez l’engagement : durée, minimum d’encaissement, frais de résiliation. Au démarrage, privilégiez une solution sans engagement.
  5. Regardez le délai de versement et le compte sur lequel arrive l’argent. Un compte bancaire professionnel bien choisi simplifie le rapprochement avec votre comptabilité, et certaines offres comme Nickel Pro s’adressent aux petits commerçants qui débutent.

Pour aller plus loin, retrouvez notre comparatif des meilleurs terminaux de paiement, avec les tarifs et les avis détaillés de chaque solution, ainsi que notre guide pour choisir le meilleur compte bancaire pour les professionnels.

Les tarifs cités sont ceux affichés publiquement par les fournisseurs à la date de publication de cet article. Ils évoluent régulièrement : vérifiez-les sur le site du fournisseur avant de vous engager.

Sources et références

À propos de l'auteur

Terminal de paiement : combien coûte vraiment l’encaissement par carte ?

  • Portrait de Fabien

    Fabien Paupier

    Analyste Business & Voyage

    Fabien est le fondateur de spendways.com. Il créé et fait croitre des entreprises innovantes tout en partageant son expertise en tant que consultant et coach. Fabien est passionné d'entreprenariat, de finance et d'écologie. Il a créé spendways.com dans le but de faire connaitre des solutions moins chères et plus éco-responsables au plus grand nombre.

Questions sur cout terminal de paiement

Questions & Réponses

Posez votre question, la rédaction de Spendways vous répond.

Aucune question pour le moment — soyez le premier à en poser une !

Depuis le blog

Nos conseils et analyses pour mieux gérer votre argent au quotidien.